Congrès Mondial des Études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

Barcelone, du 19 au 24 Juillet 2010

 < NOT_DEFINED backto RÉSUMÉ DES PANELS

Espaces publics au Maghreb: sens, pratiques, méthodes (186) - NOT_DEFINED activity_field_Panel
 

· NOT_DEFINED institution: Université de Rouen (France)

· NOT_DEFINED organizer: Nassima Dris

· NOT_DEFINED language: Français

· NOT_DEFINED description: Ce panel sera l'occasion de discuter la nature des espaces publics au Maghreb et les pratiques sociales qui s’y déroulent. A travers la notion d’espace public, les questions porteront sur les dispositifs et les ressources du changement dans les sociétés maghrébines contemporaines. Qu'en est-il de la « communauté urbaine » au Maghreb ? Espace négocié, espace partagé, espace de conflits et d’enjeux sociaux, l’espace public n’est pas un simple lieu de passage et de circulation, il est surtout le cadre du cheminement des individus et des groupes oscillant entre exposition et évitement, entre fermeture et ouverture, entre dedans et dehors, entre public et privé. Ces antagonismes sont au fondement de la formation sociétale au Maghreb dans laquelle les villes et les territoires urbains donnent à voir les ambivalences et les paradoxes qui balisent les rapports au pouvoir et à autrui. Aujourd’hui, les problématiques spatiales mettent en perspective les interactions entre le niveau local, celui de l’ancrage et le niveau global, celui de la mobilité. Ces articulations multiplient les centralités, les espaces intermédiaires, les seuils et les frontières. Quels sont les processus sociaux à l’œuvre, les modes de diffusion de l’information et la nature des mobilités ? Au-delà de la diversité des lieux et des liens, la question de l’insertion politique et sociale des individus est au cœur de cette réflexion. Le débat se situe au carrefour de plusieurs disciplines.

Chair: Nassima Dris (Université de Rouen)

Discussant: Pascale Philifert (Université de Paris Ouest)


Paper presenter: Mustapha El Mnasfi (Centre d'Etudes des Systèmes Juridiques, Université de Rouen, France), «La gouvernance urbaine et la lutte contre la pauvreté au Maroc»
A l’heure de la mondialisation, la pauvreté ne cesse d’augmenter dans le monde, si bien qu’elle est devenue l’un des phénomènes qui préoccupent le plus les acteurs nationaux et internationaux concernés. Cette contribution permet de découvrir l'approche adoptée par les pouvoirs publics marocains pour lutter contre la pauvreté urbaine ; elle vise principalement à répondre à la question suivante : Comment les acteurs publics (les services centraux et locaux de l'État, les fonctionnaires des collectivités locales, etc.) et privés (les habitants, les associations, les bureaux d’études, etc.) se positionnent-ils dans l’élaboration des politiques publiques de lutte contre la pauvreté territorialisée au Maroc ? À l’articulation de cette question, il conviendra d’interroger l’hypothèse selon laquelle certains acteurs locaux (habitants, associations, professionnels, etc.) ne sont généralement pas invités à participer à l’élaboration des politiques de lutte contre la pauvreté territorialisée.

Paper presenter: Pascale Philifert (Laboratoire LOUEST -Mosaïques, Université Paris-Ouest, France), «Recompositions métropolitaines et métamorphoses des espaces publics à Rabat-Salé : des espaces pour tous ou pour les classes moyennes (le cas de la Marina de Salé)»
Longtemps demeurées endormies, les villes de Rabat-Salé connaissent un processus de transformation sous l’influence de grands projets urbains lancés il y a moins de 15 ans. A la faveur de ces projets, les dynamiques socio-spatiales changent, les centralités se multiplient (FNB, 2002) et l’on assiste à une nouvelle « offre » tant de nouveaux quartiers que d’espaces publics. Les projets semblent destinés à mettre fin à la dualité avec la capitale administrative notamment par la création d’espaces publics attractifs et communs entre les deux villes. A cet égard, le projet d’aménagement de la vallée du BouRegreg, sur les deux rives de l’estuaire, lancé en 2006, semble emblématique de ce regain d’attention dans la fabrication d’espaces publics de qualité (comme ceux du centre du quartier de Hay Riad ou encore du projet d’aménagement de la corniche de Rabat par exemple). L’aménagement de la Marina de Salé encore en cours (qui doit s’adosser à terme sur un nouveau quartier) est une de ses séquences. Le projet serait-il alors une projection d’un monde (ou un modèle urbain) en devenir porté par les espaces publics plus que la marque d’une filiation avec le passé urbain de Salé.

Paper presenter: Ratiba Hadj-Moussa (York University, Toronto Canada), «La maison et le monde : Séparation ou continuité?»
La séparation entre l'espace privé et l'espace public est, semble t-il, une donnée avérée et attestée au Maghreb. La description ethnographique, doublée d'une lecture anthropologique, valide cette donnée alors que les analyses tant littéraires que cinématographiques mettent désormais de l’avant des expressions comme ''modern harems'' ou ''mobile harems'' comme pour la recycler et l'actualiser. Dans cette communication, je souhaiterais revenir sur cette séparation pour interroger les présupposés qui y sont à l’œuvre, et pour proposer une interprétation qui tienne compte des niveaux de médiation entre les deux sphères. Grâce à une démarche à la fois descriptive et compréhensive, j’essaierai de montrer que ces niveaux de médiations ne constituent pas des ensembles où se recoupent les actions de groupes, animées par des intérêts communs, mais des pratiques en apparence dispersées mais qui néanmoins redisposent les espaces privé et public dans des rapports d''interdépendance, de proximité et de continuité.

Paper presenter: Safaa Mounqid (Centre d'Etudes et de Documentation Economiques, Juridiques et Sociales, Le Caire-Egypte), "Femmes et injustice spatiale : Le cas des femmes des quartiers défavorisés"
Dans les villes marocaines, les femmes ont accédé massivement à l'espace public, espace traditionnellement masculin et elles se le sont approprié. Le travail de recherche que nous avons mené dans la ville de Rabat a révélé que le groupe des femmes n’est pas homogène. Les lieux fréquentés changent selon la catégorie sociale, l'âge, le statut de la femme, salariée ou non, mariée ou non, selon le lieu de résidence (centre ou périphérie), selon l'expérience urbaine et la possession ou non d'un moyen de locomotion, les moyens financiers, le niveau culturel. Ceci étant, quelles sont les différentes formes d'appropriation et de marquage des espaces privé/public et les différentes manières d'habiter, des femmes des quartiers populaires et défavorisés dans la ville marocaine, en l’occurrence à Rabat ? Sont-elles des citoyennes à part entière ? Souffrent-elles de l’injustice spatiale en étant exclues des lieux de la modernité urbaine ? Quelles sont leurs recours face aux différentes formes d’exclusion dont elles sont victimes et comment développent-elles des stratégies de débrouillardise et de contournement pour avoir droit à la ville?