Congrès Mondial des Études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

Barcelone du 19 au 24 Juillet 2010

 < Back to RÉSUMÉ DES PANELS

Colonial Inheritance in Law and Society (190) - Panel
 

· Langue: English / French

· Description: Chair: Karim El Chazli (Teaching assistant, Paris I Panthéon-Sorbonne)

Paper Discussant: Will Hanley (Professor - Dr., History Department, Florida State University)

Paper presenter: Misako Ikeda (Professor, Nagoya University of Commerce and Business, Japan), “The Establishment of the Local Consultative Bodies in Egypt under British Occupation”.
This paper explores Britain’s intentions for establishing the local consultative bodies in Egypt under its military occupation (1882-1914), particularly analyzing a report written by Lord Dufferin, a diplomat who was assigned to draw a master plan for administering Egypt.
In the studies of Egyptian parliamentary history, the consultative bodies under British occupation had particularly been neglected because they were considered parts of the colonial machine that hindered Egypt's independence. So far no study, except for one, has suggested that they played certain roles in terms of influencing government policies. In order to understand precisely the roles they played in Egyptian politics, it would be necessary in the first place to determine Britain's intentions for creating them and the powers and functions it endowed to them. After delineating the powers and the functions given to the two consultative bodies, the Legislative Council and the General Assembly, this paper analyzes the Dufferin Report, focusing on the background and the reasons for which they were set up. This is followed by the examination of memoirs of three British diplomats who closely worked with Lord Dufferin in order to supplement the report.
This paper draws the following conclusion. Under unrestricted conditions Lord Dufferin preferred to exercise 'the masterful hand of a Resident' after the model of British India so as to achieve effective control over Egypt. However, the British Liberal government, strongly backed by the public opinion, aimed not only to evacuate earlier from Egypt but also to establish certain representative bodies that would promote the liberal system in future Egypt. With all this, the consultative bodies were not a mere façade but were given limited but certain real functions, which the consultative bodies would subsequently learn how to utilize for exerting their influence over the government.

Paper presenter: Samar Attar (Independent scholar), “Is Friendship Possible Between the Colonized and the Colonizer?”
What is the definition of a friend? How does friendship flourish? Who is capable of having friends? Is friendship possible at all between all people? Or is it affected during specific political, social and economic upheavals? How do various cultures foster friendship? These are some of the questions posited by Arab protagonists who come in contact with Europeans either in foreign metropolis, or in their own midst. Some of them never consider colonialism as a barrier to friendship. The distinction between an imperial country and its citizens is clearly drawn. In the European metropolis, far from military brutality and oppression, it is possible for both colonizer and colonized to develop strong and bonding relationship based on harmony and goodness. Others disagree and argue that friendship is not possible between colonizers and colonized, neither in the center, nor in the periphery. Since the notion of equality has been violated by the European, it is not only unlikely for the colonized to foster good relations with the violator, but also undesirable. In this context, friendship takes place only among free and equal people. The paper explores the notion of friendship between Arabs and Europeans as seen through the eyes of Arab writers in selected modern texts. I will argue that although many writers believe that friendship is not possible outside of history, yet they keep the door open for a continuous dialogue.

Paper presenter: Juan David Gómez-Quintero (Professor, Universidad San Jorge de Zaragoza, Spain), “Colonisation épistémologique de la subalternité: Croisements entre le Maghreb et l'Amérique Latine”.
Notre proposition veut établir une marque comparative entre les processus de colonialité vécus par l´Amérique Latine et le Maghreb. Il est évident que nous trouvons a priori des différences culturelles, économiques, sociales et religieuses entre les deux régions, profondément documentées ; mais nous voudrions exposer aussi des processus transversaux comme résultat des rapports de domination exercés par les centres hégémoniques du pouvoir-savoir. Nous voudrions nous concentrer sur ce schéma de pouvoir, que selon Quijano, a été articulé pour la première fois avec la conquête de l´Amérique (2000a:202) quand la différence ontologique a été établie en fonction de la christianité ; et qui a trouvé sa continuité théorique pendant le XIXème siècle, quand l’invention de l’autre maghrébin a été réalisé à partir de la perspective biologique et la catégorie social de race. Par conséquent, nous pouvons établir que bien que la construction de l’altérité européenne a posé différences importantes en relation à la catégorie social utilisée par l´exclusion de l´autre pendant la colonisation amérindienne et maghrébine, l´affirmation de la différence a établi dans les deux moments espace - temporels la supériorité occidental, subalternisant à l´autre qui a été posé dans sa position naturelle d´infériorité. De cette perspective, les deux colonisations ont construit une manière de créer des identités opposées à celles du colonisateur. C´est la construction par extension d´une vision imparfaite du nous qui pratique l´eurocentrisme, qui a légitime donc la domination. Cette colonialité de l´être n’est pas disparue avec la fin du colonialisme. L’indépendance politique de ces pays n’a pas représenté l´émancipation ontologique des anciennes colonies, sinon que la continuité de cette domination. Le discours du Président des Etats-Unis en 1949, Truman, a supposé le début d´une nouvelle ère, l´ère du développement, où millions de citadines, latino - américains et maghrébins, ont été convertis en individus sous-développés. De cette manière, ses différences ont été converties en carences que l’Occident doit résoudre.
Les deux régions partagent le douteux privilège d´être considérées le Troisième Monde. Une catégorisation qui légitimais la domination. Pendant le XXème siècle, cette domination a été exercée à travers de la science et la technologie.
Ce discours ontologique n’a pas seulement justifié la colonisation de l’imaginaire, mais aussi la totalisation épistémologique du dominé. Une colonialité du savoir qui a suppose l´hégemonisation d’un système de représentation et connaissance de l’Europe et à partir de l’Europe, et la création d´une hiérarchie épistémologique qui a privilégié le savoir occidental sur le savoir non - occidental.
Dans le processus d´organisation politique de la connaissance, les manières de savoir que les populations locales ont développé pour comprendre sa réalité ont été bien éliminées bien invisibilisés, parce que le pouvoir politique a privilégié un model hégémonique de connaissance, la science occidentale. Cette représentation universelle, objective, naturelle et partagée du savoir a produit un certain colonialisme intellectuel (Mignolo, 2003) ou autocolonialisme (Coronil, 2000) de la société et l’élite politique et académique de l’Amérique Latine et du Maghreb, qui on internalisé la construction discursive du développement et ils se sont compromis avec le processus de construction nationale.
Cependant, la crise du paradigme du développement va proposer la recherche, dans les sociétés qui sont passés sous silence, d´autres référents épistémologiques.
Les communautés intellectuelles de résistante ont fait son apparition de manière différente en les deux régions. Néanmoins, nous trouvons des parallélismes dans les voix, latino - américaines et maghrébines, qui demandent une décolonisation épistémologique comme proposition théorique pour libérer les savoirs subalternisés et pour trouver l´émancipation du chercheur social.
Ainsi, nous proposons une analyse comparative dont nous voudrions réaliser à partir d´une méthodologie principalement qualitative, mais qu´elle ne veut pas omettre les sources quantitatives comme la Enquête Mondiale de Valeurs (World Values Survey) qui dispose des informations comparatives entre les pays arabes (Algérie, 2002; Maroc, 2001; Egypte, 2000) et les pays de l’Amérique Latine (Pérou, 2001 ; Venezuela, 2000 ; Colombie, 1998). L’utilisation des différentes techniques de recherche sociale comment l´analyse des matériaux bibliographiques et audiovisuels, ainsi que l´observation participante dans différents rencontres ou colloques sur le sujet de recherche et les entretiens aux informants va nous permettre obtenir une vaste information pour valider les hypothèses formulés et pour analyser les différents processus transversaux de domination. Sans obvier aux divergences qui existent dans les deux régions. Ce sont des différentes questions ou éléments que nous voudrions présenter et exposer pour le débat.