Congrès Mondial des Études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

Barcelone, du 19 au 24 julliet 2010

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PLANIFICATION URBAINE EN ALGERIE II: Pratiques spatiales dans les villes algériennes (052) - Panel
 

· Langue: English, Français

· Description:
Chair: Josep Giralt (IEMed - European Institute of the Mediterranean)

Paper presenter: Nawel Achour-Bouakkaz (Architecte maitre assistante, Département d'Architecture et d'Urbanisme de Constantine), "Faire la Ville et Pratiques Spatiales des Habitants: Une Approche par le Genre"
La question du genre est une des clés de la compréhension de l'espace urbain, hommes et femmes s'appropriant des lieux différents, contribuant à les qualifier de façon spécifiques, se retrouvant dans des lieux de réunion familiale généralement organisés par la femme. La question du genre dans le domaine de l'habitat permet essentiellement de mettre en avant, les différences dans la manière de penser, de bâtir et d’organiser l’espace due aux différences des statuts et des rôles confiés aux hommes et aux femmes à différents niveaux. En ce qui concerne l'aménagement du territoire, l'urbanisme, l'architecture et l’organisation du cadre de vie, il paraît évident que les femmes sont concernées et participent de manière importante dans la production de l’urbain. En Algérie, les femmes sont fortement représentées dans le secteur du bâtiment. Architecte libérale, architecte exerçant au niveau des institutions publiques ou encore dans le cadre de la réalisation, la femme algérienne intervient tout au long du processus de création, de conception et de réalisation de l’espace urbain. Cependant, cette «touche féminine» n’apparaît pas ou peu à travers l’image des villes Algériennes. L’hypothèse proposée est qu’il peut exister des relations entre la présence de la femme dans le secteur du bâtiment et l’image de nos villes aujourd’hui. En d’autres termes, est-ce que la participation de la femme a un impact concret (réel) sur l’espace urbain? Est-ce qu’elle accentue ou atténue certains aspects dans la production de l’urbain?

Paper presenter: Said Chouadra (Enseignant-chercheur, Laboratoire d'Architecture Méditerranéenne, Université de Sétif, Algérie), "L'espace public comme lieu d'apprentissage du vivre ensemble"
Toute la problématique des nouveaux quartiers périphériques, lotissements et grands ensembles confondus, est fondée sur la notion du «logis». Elle est centrée sur l’espace de vie intérieure et intime de la famille, ainsi que sur la satisfaction du plus grand nombre. Par conséquent, les habitants sont souvent confrontés à des dispositifs spatiaux extérieurs étrangers à leur mode de vie à leurs aspirations aussi bien individuelles que collectives. En effet l’espace extérieur est conçu et réalisé en dehors de toute concertation avec l’usager. Il est généralement dénué de toute référence culturelle et sociale rentrant immédiatement en conflit avec les aspirations de ceux qui l’occupent. Ainsi on assiste à des formes d’appropriation souvent contradictoire avec celles prévue par les concepteurs (architectes ou urbanistes). Ainsi l’espace public devient lieu de conflits, et toute activité publique est interprétée comme une forme d’agression de l’autre. Dans cette présente communication nous essayons d’explorer les différentes possibilités de mise en valeur de ces espaces extérieurs. Ainsi l’espace public est considéré ici non comme un simple vide ou comme un espace interstitiel, mais comme un lieu, car le lieu est plus un processus (une relation d’expérience entre le sujet et le locus) qu’un objet donné, il est le lieu d’apprentissage du vivre ensemble.

Paper presenter: Samira Louafi ep Bellara / Sarah Benharkat (chercheurs, Laboratoire ABE Université Mentouri, Constantine, Algerie), «La Qualité des Ambiances Urbaines dans les Espaces Publics»
Le climat a toujours été considéré comme un des éléments majeurs de la dynamique et de l’ambiance d’une ville. Comprendre la richesse que recèlent les facteurs microclimatiques et leurs implications sur le confort humain ouvre de nouvelles possibilités pour la conception et l’aménagement des espaces extérieurs urbains de qualité. Les ambiances urbaines déterminent le développement social, environnemental et économique de nos agglomérations urbaines. La végétation implantée en milieu urbain modifie les ambiances physiques (lumière, chaleur, vent, son, humidité..). Elle influe sur la perception et l’appropriation des espaces urbains par les usagers. La végétation est une composante indispensable dans les projets architecturaux et urbains. Elle permet de minimiser et d’intercepter les radiations solaires, un paramètre très important du confort à l’extérieur durant la période chaude. Elle peut réduire les températures de l’air. Elle peut atténuer le bruit urbain. Dans cette optique, le présent travail tend à mettre en évidence le rôle de la présence de la végétation sur l’utilisation de l’espace extérieur en été et sur les comportements des usagers, ainsi que la variation des paramètres climatiques sur le confort à l’extérieur. Pour cela, la méthode consiste à évaluer les différents espaces urbains de la ville de Constantine par l’observation des comportements des citadins (subjectif ou perceptible) et par des relevés dynamiques (objectif) des paramètres physiques (température de l’air et humidité relative de l’air).Les résultats montrent que la présence de la végétation à un effet positif pour la qualification de l’ambiance urbaine de l’espace public.

Paper presenter: Samia Lamraoui (Enseigante chercheur, Université SAAD Dahlab Blida, Algérie), «Caractérisation et Qualification du Confort et des Ambiances Climatiques des Espaces Collectifs des Grands Ensembles de l’Habitat Collectif en Vue de Concevoir une Ville Durable»
Les espaces extérieurs publics dans les quartiers d’habitat collectif, sont considérés comme des espaces résiduels, résultants d’une disposition de bâtiments. Nus et homogènes ils sont considérés comme des lieux banals et vident de sens. Leur conception nie la complexité du contexte urbain et les besoins des usagers en lieux confortables. Il est clair aujourd’hui que leur conception ne se restreint pas à un simple vide entre les constructions et leur qualité ne se limite pas à un simple aménagement ou une disposition d’un mobilier urbain comme ornement ni même à une différenciation du revêtement du sol. Au contraire ils constituent un phénomène beaucoup plus complexe et leur conception est un vrai sujet de création. Ainsi s’interroger sur leur qualité c’est les aborder dans leurs dimensions fonctionnelles, architecturales, esthétiques et environnementales. Nous considérons cette qualité dans les champs rattachés aux enjeux du développement durable, et principalement, celui de l’environnement. Ce travail place l’homme au centre de toute action d’amélioration des espaces extérieurs, il s’inscrit dans le contexte général des travaux de recherche consacrés à la maîtrise des ambiances et à leurs prises en compte dans le processus architectural. Notre intérêt est particulièrement focalisé sur le rapport entre la typo-morphologie des espaces, les microclimats engendrés et les ambiances perçues par les usagers. L’analyse du comportement des usagers en référence à des situations diverses, donnerait des indices essentiels à l’amélioration des conditions d’habitabilité du lieu. Notre but dans cette recherche est de fournir aux concepteurs un outil méthodologique et technique d’aide à la conception et à l’amélioration de la qualité des espaces extérieurs publics urbains.

Paper presenter: Alikhodja Nadir (Enseignant chercheur, Laboratoire d’Architecture Méditerranéenne, Université de Sétif, Algérie), “La Ville Algerienne entre Planification et Laisser Aller : Le Nouveau Défis Du XXI Siècle”
L’urbanisation est un phénomène inéluctable, en Algérie l’effet de la croissance démographique accompagnée d’un investissement public massif concentré dans l’espace urbain font explosé le taux d’urbanisation en 50 ans il est passée de30 % a près de 80%. Cette urbanisation qui se traduis par l’augmentation de la taille des villes ne va pas sans engendrer des contraintes en matière de développement et de nouveaux défis à la ville algérienne: meilleurs condition de vie et d’habitat, maîtrise et aménagement de, équilibre écologique, la mobilité urbaine, une plus grande concertation entre les acteurs urbains et enfin une politique urbaine transparente et démocratique. Ces nouveaux défis du XXI siècle sont posés à la ville algérienne qui se caractérise actuellement par des déséquilibres internes et par des tendances de renouvellement anarchique, accompagné par une absence de vision prospective claire, d’une stratégie foncière et d’outils de concertation. Le cadre législatif actuel qui régit la gestion urbaine et l’urbanisme, constitué essentiellement par le code communal et de la wilaya ainsi que par la loi sur l’aménagement qui date déjà de vingt années ne prend en charge que de manière lapidaire voir parcellaire le problème de la ville. Depuis la dernière crise économique de la fin des années quatre-vingt, l’Algérie tendait à abandonner le modèle socialiste pour un modèle économique plus libéral se traduisant par l’absence (volontaire ou involontaire) d’une politique prospective claire que ce soit en milieu urbain ou bien ou bien sur une échelle régionale et nationale. La planification est bannie du langage remplacé par programmation ou projet. La période précédentes de morose économique en Algérie, ne favorisant pas la croissance et le développement, la planification était devenu presque inutile on gérait au jour le jour au rythme des lois de finances annuelles et d’instruments désuets. Nous sommes actuellement dans une période de réinvestissement massif (180 M.$ dans le prochain quinquennat 2010-2015) la ville comme expression et lieu de cette nouvelle impulsion doit elle aussi, trouver équilibre et cohérence. Une volonté esquissée de retour à une planification, du moins décentralisée est pressentie. Toute fois les acteurs et les actions des décennies précédentes ne sont plus adaptés. Nous tenterons dans cette communication de dégager des réflexions sur une nouvelle approche de la planification basée une démarche reposant sur un modèle interactionniste, une redéfinition de l’action publique et une restructuration des acteurs et processus actoriel faisant défaut en Algérie.