World Congress for Middle Eastern Studies

Barcelona, July 19th - 24th 2010

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METHODES, APPROCHES ET THEMES DES RECHERCHES ACTUELLES SUR LES ARTS VISUELS AU MOYEN-ORIENT ET AU MAGHREB - 2/2: Perspectives contemporaines (455) - NOT_DEFINED activity_field_Panel
 

· NOT_DEFINED date: FRI 23, 11.30 am-1.30 pm

· NOT_DEFINED institution: Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis (ISBAT) / Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (IRIS-EHESS)

· NOT_DEFINED organizer: Annabelle Boissier

· NOT_DEFINED language: English/Français

· NOT_DEFINED description: Les cultures et les arts visuels des pays du Moyen-Orient et du Maghreb ont été longtemps négligés par la recherche académique. Ce n'est que récemment que le sujet a commencé à apparaître dans des conférences, des publications ou l'enseignement universitaire. Non seulement un cadre théorique, mais également une documentation historique font encore défaut. Le double panel se propose de présenter le travail effectué à ce jour, d’exposer les recherches en cours et d'explorer les pistes futures.

The visual cultures and the visual arts of the Middle Eastern and North African countries have been for a long time neglected in academic research. Only recently this topic started to be explored in conferences, publications and academic teaching. Therefore, there is a need not only for additional theoretical framework but also for basic historical documentation. The double panel will try to line out the research work done up to the current date, present ongoing research and try to explore future projects.

Chair: Hamdi Ounaina (Université Paris III)

Discussant: Kirsten Scheid (American University Beirut/Wissenschaftskolleg Berlin)

Paper presenter: Melis H. Seyhun (PhD candidate, University of Geneva), “Rewriting History through Private Museums: Recent Developments in the Private Museum Scene of Turkey”
In recent years, there has been a substantial increase in the number of privately funded museums, as well as foundation focusing on collections and exhibitions of art in Turkey. While this new and visible transformation on the cultural scene may be attributed to a growing consciousness in the preservation of heritage, it is also possible to argue that this “consciousness” is deeply rooted in a more complex sociological phenomenon.
The recent museum scene in Turkey serves as an interesting case study for the application of such concepts as the rewriting of history, collective memory, memory practices, and heritage-memory-identity relationships. Particularly the recent Turkish attempts at museology and heritage preservation render an interesting case with a significantly virginal potential open for exploration.
This paper presents an overview of the recent developments in the private museum scene in Turkey. On a macro level, apart from being a stage of history, acting as a “showcase “ for the introduction, recognition, and promotion of cultural heritage is one of the primary functions of the museum. On a micro level, the private museums in Turkey, which have mostly been created through the contributions and collections of leading individuals and/or families in the world of Turkish industry and finance, are largely defined by the ways in which these individuals/families/corporations identify and position themselves as part of an historical process. Through six private Turkish museums to be introduced, this paper will not only present the recent developments on the Turkish museum scene, but will also strive to establish an emerging pattern towards the privatization of culture in Turkey.
Melis H. Seyhun received her B.A. from Duke University in Sociology and Islamic Studies and holds an M.A. in Liberal Studies from the same institution. She is currently a PhD candidate at the University of Geneva, focusing on the development of museology in Turkey in the post-Republican era. Her main areas of interest include sociology, museum studies, and social practices of memory.

Paper presenter: Yves Gonzalez-Quijano (Gremmo/Université Lumière Lyon 2), « Le Marché de l’Art en Syrie : des Politiques Nationales à la Mondialisation »
Associée depuis les origines à ce mouvement de renouveau intellectuel et culturel que fut la nahda, la Syrie offre un exemple quasi paradigmatique des politiques culturelles mises en place depuis l’accession du pays à l’indépendance. C’est peut-être à Damas, « cœur vibrant de l’arabité » comme l’affirme le slogan du Baath, que l’artiste contemporain exemplifie le mieux, y compris avec les tensions inhérentes à un tel projet, la posture de l’artiste contemporain, socialement engagé dans un projet national modernisateur. De façon assez inattendue – au premier regard au moins – par rapport aux évolutions politiques déclarées, la scène artistique damascène contemporaine apparaît aujourd’hui totalement renouvelée. Sans qu’aucune des « règles de l’art » (au sens donné par Pierre Bourdieu à cette expression) n’ait officiellement changé, les conditions de production et de diffusion des œuvres plastiques sont aujourd’hui profondément transformées. Marginalisées, les institutions d’Etat naguère chargées de la formation et de la promotion des artistes ont été remplacées par des acteurs privés, de moins en moins mécènes et de plus en plus investisseurs. Longtemps tenue sous une sorte de cloche de verre, la production des plasticiens syriens, bénéficiant d’une forte reconnaissance régionale, est aujourd’hui introduite, par le truchement de quelques galeries récemment créées (Ayyam, Art House…), dans le marché de l’art international, à un moment où celui-ci manifeste un intérêt singulier pour les formes d’expression plastiques « non-occidentales » en général, et pour l’art moderne dit « arabe » ou « islamique » en particulier. S’il est loin d’être unique, le cas de la Syrie, par la centralité de sa production sur la carte culturelle arabe, et par la radicalité des évolutions qui ont eu lieu au sein du champ de la création plastique, offre un terrain d’observation particulièrement fécond des principales tensions qui « travaillent » aujourd’hui la création arabe contemporaine : localisme vs mondialisation, ou encore engagement politique vs « esthétisation » de l’œuvre…
Méthodologie.
Depuis mon premier séjour en… 1978 ( !), il m’a été donné de retourner régulièrement en Syrie et même d’y séjourner, ainsi qu’au Liban, entre 2003 et 2005. Pour ce travail, dont l’origine remonte à une chronique publiée sur Internet en mai 2007 (http://cpa.hypotheses.org/200), je me propose de procéder (printemps 2010) à une série d’entretiens avec des acteurs locaux de la scène artistique (artistes mais aussi galeristes et « officiels » de la culture).
Eléments biographiques
Maître de conférences au département d’études arabes de l’Université Lumière Lyon2, actuellement directeur du Gremmo. Cf. http://www.gremmo.mom.fr/gonzalez/gonzalez.html

Paper presenter: Wafa Gabsi (Doctorante, Université Paris 1, Panthéon la Sorbonne), « Artistes Contemporains Moyens Orientaux face aux Difficultés Locales »
Surdéterminé par l’histoire, marqué par la violence, l’expulsion, la perte, depuis la division de la Palestine jusqu’aux guerres d’indépendance et la guerre du golfe, et rattrapé enfin par le 11 septembre, le Moyen Orient, emporté par cette violente vague d’histoire, est devenu l’arrière plan d’une réalité dure et combative. Ceci suscite en nous de l’inquiétude et surtout de la curiosité face à un Orient qui bouge, face à une scène artistique qui bat son plein, au Liban, en Palestine…, et qui s’affranchie des stéréotypes communs pour présenter une nouvelle manière de regarder l’art de cette région. Comment un écosystème artistique et un marché peuvent-ils se construire dans ces régions, plombées par une instabilité politique chronique, qui présentent une forte dichotomie sociale, et qui restent divisées par un litige permanent marqué par une multitude de conflits religieux et séculiers ?
Nous proposons de réfléchir sur les différentes difficultés internes qui régentent la scène artistique au Moyen Orient.

Paper presenter: Alice Bombardier (EHESS, Paris et Université de Genève), « L’Artiste-Peintre Figure de Proue de la Société Iranienne Contemporaine »
Les œuvres d’art en provenance du Moyen-Orient en particulier sont depuis quelques années très prisées au niveau international. Dans notre travail, nous nous détacherons des œuvres pour nous intéresser à la question du statut actuel des artistes, notamment peintres, dans la société iranienne et, selon les dires des artistes eux-mêmes, à la question des valeurs et des représentations attachées à leur personne.
A contribution : les témoignages écrits (journaux, mémoires) et oraux recueillis auprès des artistes-peintres iraniens lors d’entretiens qualitatifs semi-directifs menés ces cinq dernières années.

Nous tenterons de déployer l’éventail des indicateurs qui permettent de déterminer et comprendre les raisons qui poussent ces acteurs à adopter telle représentation, réelle ou idéalisée, concernant leur orientation vers la peinture, leur vision de l’art, leur rapport à la miniature et à la peinture contemporaine de leur pays. Pour mettre en valeur ces caractéristiques, nous nous appuierons en outre sur les travaux de la sociologue de l’art, Nathalie Heinich.

Le rôle des artistes n’a cessé de croître avec la crise des institutions culturelles, que connaît le pays depuis la révolution culturelle engagée entre 1981 et 1983. De nombreux peintres iraniens contemporains gagnent de vitesse aujourd’hui les circuits officiels, qui ne parviennent pas à intégrer les nouvelles mouvances s’imposant de plus en plus à leur marge. La lenteur des processus de reconnaissance ouvre dès lors la voie à quelques marchands qui s’engagent dans la spéculation et diffusent sur la scène internationale la peinture contemporaine iranienne émergente. Le succès obtenu à l’étranger consacre actuellement l’artiste-peintre iranien et le situe comme un des principaux vecteurs de mise en relation de son pays avec l’extérieur.

Alice Bombardier a étudié l’histoire à l’Université de la Sorbonne-Paris 4. Elle est également diplômée de persan à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO). Inscrite en sociologie et histoire de l’art à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et à l’Université de Genève, sa thèse porte sur Les enjeux de la peinture en Iran au XXème siècle. Alice Bombardier a récemment publié « The Iranian symbol of the Lion and the Sun », in Lion under the Rainbow. Art from Tehran, catalogue publié à l’occasion de l’exposition “The Lion Under the rainbow. Contemporary Art from Tehran”, by Alexandros GEORGIOU (Athens, 2008) et « Peinture et cinéma, une famille d’artistes à Téhéran : Khosrow Sinai, Gizella Varga Sinai et Farah Ossouli », in L’Iran derrière le miroir, La Pensée de Midi (Paris, mars 2009).

Paper presenter: Emilie Goudal (Doctorante en Histoire de l'Art, Université Paris Ouest Nanterre, IRMC Tunis, USR 3077 du CNRS), « La Notion d’Hybridité dans l’Art Contemporain Algérien : Expression des Paradoxes de la Mondialisation de l’Art »
Cette communication ambitionne d’analyser la notion de transnationalité dans l’art algérien au travers des parcours et œuvres d’artistes tels que Zineb Sedira et Kader Attia, artistes définis comme issus de la «deuxième génération » d’immigrés algériens en France, ou Adel Abdessemed, expatrié algérien résolument tourné vers l’internationalisation des arts. Ces artistes interrogent et repoussent les limites du douteux concept d’ « identité nationale française », en introduisant la notion d’hybridité et de mixité culturelles, tant au travers d’un statut d’ « artiste monde », que par l’expression de son attachement à la culture et l’identité algérienne. Revendiqué comme artistes nationaux des deux cotés de la Méditerranée, ces « artistes migrateurs » soulèvent alors la difficulté d’une définition strictement nationale des identités artistiques et culturelles face au risque de la normalisation des pratiques artistiques au travers de la mondialisation de l’art.


Series of panels organized by Silvia Naef and the Group SAP (www.groupesap.wordpress.com)